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Ces messieurs de l’armée, de la police, bref de l’ordre et la sécurité sont persuadés que leurs armes sont les plus efficaces. Nous allons leur montrer le 14 juillet que le rire d’un clown abolit les certitudes !
L’histoire européenne est parsemée de conflits entre Etat-natin au nationalisme exacerbé, à l’envie conquérante, au rêve de briller parmi les puissances dont les clowns se sont toujours moqués..Louis XIV avait déjà bien compris comment assurer son pouvoir de monarque absolu: le soleil. Le soleil qui éblouit non parce qu’il est éblouissant mais parce qu’il est très fortement illuminé comme un clown au centre du chapiteau pendant son numero. Henri IV au moment d’être assassiné par le fanatique Ravaillac, s’écria: « Mon royaume pour un nez rouge! ». Nez rouge qui lui aurait permis une certaine distanciation, surtout par rapport à la religion, qui aurait détruit tout les fanatismes.
1789 n’est-elle pas la révolution des sans-culottes? Quel habit plus clownesque que celui-ci! Révolution suivie ensuite de la terreur sous la direction de l’acariâtre Robespierre, un redresse-pierre évinceur de clown et tellement sûr de ses idées qu’il guillotinait les autres! Napoléon ensuite, appelé dans son village natal Napocordéon, partit à la conquête de l’Europe tellement sûr de lui et de sa victoire qu’il chachait constamment sa main pour éviter que celle-ci ne le gifle de tant d’arrogance comme l’aurait fait sa mère. La décullotée eut lieu à Waterloo.
On restaure ensuite, mais le peuple rêve du cirque des sans-culottes bien plus rigolo que les conservatismes comme le sacre de Charles X engoncé sous sa couronne en 1824. Alors en 1830, on change le chapiteau avec pertes et fracas, on remet pourtant un Roi, c’est plus certain qu’une république pour les sans-nez rouge. « Enrichissez-vous » disait Guizot à cette époque pour pouvoir entrer au cirque (le suffrage est censitaire).Mais « nous voulons du rire pour tous » crient les républicains, « pas de privilégiés! ».
On en arrive au printemps des peuples de 1848, le rire est européen, de Prague à Paris en passant par l’Italie..Mais 1848 est surtout une date importante, et c’est le point central de mon exposé, car cette année marque la publication du premier « Manifeste du parti clowniste » rédigé par Tart Marf et Charlie Ougels. Je vais tâcher de résumer sa théorie.
Le clown Marf a découvert ce que l’on apelle depuis le parialisme historique (pari, paricide, papa), l’idée que nous vivons dans un environnement particulier de certitudes, de postulats, d’affirmations héritées de nos parents et propre à chaque époque qui détermine nos pensées et ipso facto nos actions. Par exemple, première chose et pas des moindres, prenons le fait que certains soient au pouvoir (ils s’auto-baptisent souvent « élites ») et d’autres non comme si le pouvoir était un privilège réservé à un petit nombre, de même que l’armée se réserve le droit de défiler (comment dont! La fête uniquement pour les soldats!). Ou encore pour la propriété privée des chapiteaux, des boules de jonglages, etc..
Ces choses nous paraissent normal car héritées des années passées, de la tradition, du temps, c’est légitime parce que c’est comme ça et depuis longtemps. « C’en est trop » disent Marf et Ougels, ces deux grands clowns ont l’habitude de rire, de faire des pirouettes quand il faut marcher droit, d’où l’habitude à se distancer des choses, à ébranler les pensées les plus sûres d’elles-mêmes. Ils font perdre l’équilibre, l’assurance, à tout les statuts, les belles postures et les beaux discours par un simple rire de clown! Ils prévoient de cette découverte que peu à peu (pour faire un bref résumé), les sans-pouvoirs riront eux aussi des postures du pouvoir et à force de rire renverseront le chapiteau pour répandre le rire clown, abolir les frontières, offrir des nez à tous, etc..On peut noter, que Marf et Ougels ont tendance à batir un peu trop ce renversement de chapiteau à la manière d’un ancien chapiteau, heureusement des clowns comme Bourdhon et Flakounine sont revenus là-dessus et ont construit un vision plus clownarchiste.
Mais tout ces théoriciens ont démontré la nécessité d’ébranler les certitudes et les privilégiés, l’armée n’a pas à s’accaparer le droit de défiler, les français ne sont pas non plus les seuls à avoir droit à fêter le 14 juillet, il faut penser aux clowns sans frontières ou sans chapiteaux (qui d’ailleurs ont beaucoup de problèmes aujourd’hui), le défilé du 14 juillet n’est pas un défilé comme les autres, c’est l’occasion de rappeler à l’armée, à la garde nationale, au pouvoir qui s’appuie sur l’ordre et la sécurité, qu’ils sont bien peu de choses face à un rire ou une pirouette de clown! C’est une nécessité historique dirait le clown Marf, alors soyons nombreux dans la rue le 14 !